Table A Manger Effet Beton Cire

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Max More a le doigt posé sur l’interrupteur. Il le manipule avec soin afin de choisir la lumière idéale qui mettra l’espace principal de son établissement en valeur. «Nous venons d’installer ces lumières fantaisistes. C’est plus sympa pour accueillir les visiteurs», dit-il. Nous croyons être entre nous, mais la réalité est tout autre. Tout autour, tête en bas dans des cuves métalliques, 163 personnes reposent dans de l’azote liquide à -196°C. On les considère «suspendus». Ni vivants, ni morts, ils attendent une époque plus clémente pour ressusciter.

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FABRICATION DE MEUBLES EN BETON SUR-MESURE

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Table extensible effet béton rallonge intégrée 9 à 9cm

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Un regard à travers la vitre renforcée suffit à satisfaire le directeur. Sur le sol apparaissent des ondulations vert pâle alors qu’au plafond les néons violets s’illuminent. Max More ouvre la porte. Nous entrons dans l’espace dévolu à l’entreposage des patients. La dizaine de cuves en inox entreposées de part et d’autre de l’allée arborent des reflets pastel. L’espace dans lequel nous sommes prend les apparences d’une obscure discothèque des années 90 en fin de soirée. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Ici, le décor est celui destiné à une danse macabre.

Dans ces cylindres métalliques, il y a des corps humains entiers. Il y a également des têtes. Mais aussi des chiens, des chats et un chinchilla. Conserver un corps coûte 200 000 dollars (autant en francs). Pour une tête, c’est 80 000 dollars. Ceux qui choisissent cette option se reposent sur la certitude que les techniques du futur leur fourniront un corps idéal. Sont-ils morts? Sont-ils vivants? C’est une question de point de vue. Ce qui est certain, c’est qu’ils ont tous été vitrifiés. Leur sang a été remplacé par un mélange de glycérine faisant office d’antigel. Cette méthode permet d’éviter la formation de cristaux de glace nuisibles aux cellules.

Nous sommes dans l’enceinte des murs sécurisés d’Alcor, l’une des plus importantes organisations de cryogénisation. La fondation est située dans la banlieue huppée de Scottsdale, à Phoenix, en Arizona. C’est un endroit prisé des retraités et des adolescents en mal de fête. On y joue au golf, on boit des cocktails sous des ventilateurs et on a chaud. Ici lorsqu’on parle de mauvais temps, on évoque les jours où les températures dépassent les 43°C.

Alcor a investi une bâtisse qui ressemble à toutes les autres dans une zone industrielle aseptisée. Les rues sont désertes. Il n’y a pas âme qui vive sur les trottoirs bordés de cactus. Dans la région, personne n’ose s’aventurer hors de chez lui sans sa voiture. Ici, sortir et s’éloigner de l’air conditionné, c’est affronter la pesanteur du ciel et la touffeur de l’air aride. Pour trouver de la vie, il faut entrer. Chez Alcor, l’air est frais.

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Quelques minutes auparavant, devant la porte d’entrée, au pied d’un palmier, il a fallu se manifester en actionnant une sonnette en plastique décatie et attendre que Marji, la secrétaire, vienne nous ouvrir. Un hug a engagé la conversation. «Je fais partie de ces fous qui ont opté pour la cryonie», a-t-elle commencé. Elle a pris ses fonctions dans la fondation une fois qu’elle s’est installée en Arizona en 1993. «Alcor était auparavant basée en Californie, mais les risques sismiques étaient trop importants pour que la fondation puisse envisager d’y rester à long terme. Ici c’est beaucoup plus sûr. Par ailleurs, nous jouissons de la proximité de plusieurs fournisseurs d’azote. C’est pratique. Et les lois en Arizona nous sont plus favorables. D’ailleurs il n’y en a pas de spécifiques concernant la cryogénisation.»

En attendant l’arrivée du directeur, la secrétaire nous a invitées à nous asseoir sur les sièges de l’entrée. Max More était au téléphone. Il fait les cent pas devant nous sans daigner nous lancer un regard. «Il est préoccupé ces temps», a expliqué Marji. Sur la table basse de la salle d’attente, un magazine exhibe la photo d’un couple souriant aux dents blanches. C’est indiqué: il s’agit de Bonnie et Jay, membres de la fondation depuis respectivement 2005 et 2010. Tous deux portent un bracelet muni d’une plaque métallique destiné aux candidats à la cryogénisation.

Le silence règne. Au mur, des tableaux, des graphiques et des diplômes ont pour mission d’indiquer qu’ici la science règne. Plus loin, quelques plantes vertes jouissent d’un puits de lumière en simili-vitrail. Des caméras de surveillance guettent les gestes des visiteurs. Marji est revenue, elle a proposé un verre d’eau. Nous avons accepté. De la glace? Nous avons refusé.

La cryogénisation demeure une activité controversée. Illégale en France ainsi que dans certaines provinces du Canada, la pratique est souvent accusée de donner de faux espoirs tout en soutirant des sommes importantes à des personnes vulnérables. Certains scandales ont contribué à attiser la méfiance envers cette pratique futuriste. Mais les adhérents comptent bien renverser la vapeur. Leur méthode consiste à mettre en évidence l’aspect scientifique de leur démarche ainsi que le statut non lucratif de leurs institutions.

Dernièrement, deux événements ont concouru en leur faveur. Le procès gagné en 2016 par une Londonienne de 14 ans qui demandait à être cryogénisée une fois vaincue par le cancer. Et la cryopréservation de la première Chinoise en 2017. «Je suis conscient que notre activité est surprenante. Mais vous savez, dans la rue, on est déjà parfois entouré de gens cryogénisés, car ils étaient des embryons congelés», soulève le directeur.

Les personnes qui nous entourent n’ont pas attendu ces signaux encourageants pour plonger dans l’azote liquide. Parmi elles reposent des anonymes, mais aussi certaines célébrités telles que le joueur de baseball Ted Williams ou le pionnier de la cryogénisation James Bedford. Bien qu’ils viennent d’horizons différents, les suspendus ont tous un point en commun: celui d’avoir l’espoir que la science, un jour, leur permettra de soigner les maux qui les ont menés à la mort. A leurs yeux, cette fatalité sera un jour réversible. Quand? Ils ne savent pas. Mais ils ont confiance. Toute leur vie durant, ils cotisent auprès de la fondation et paient ensuite pour l’opération de cryopréservation. «C’est notre principale source de revenus», souligne Max More.

L’argent versé revient à la Fondation Alcor et permettra d’assurer leur prise en charge, leur préparation, leur suspension ainsi que toute l’opération nécessaire à leur réanimation. «Nous avons une équipe de réserve que nous mobilisons lorsque l’heure du patient semble être venue», détaille Max More. L’équipe doit rester à son chevet jusqu’à sa mort. «Cela peut prendre du temps. Il nous est arrivé de devoir attendre jusqu’à trois semaines pour pouvoir nous emparer du patient.»

Max More dirige Alcor depuis 2011. Philosophe de formation, il a lui-même opté pour la neuropréservation. Comprenez par là: la congélation de sa tête uniquement. «Compte tenu de mon mode de vie, je pense que je mourrai tard, a priori, bien au-delà de 100 ans. Mais mon corps sera sans nul doute fatigué. Je compte sur le fait qu’à partir de mon ADN une nouvelle enveloppe corporelle pourra être développée et me servir de support neuf», avance-t-il dans un anglais pressé. Différentes techniques laissent croire qu’une telle perspective est envisageable.

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Des recherches sont entreprises pour sauvegarder le cerveau humain afin de nous rendre éternels, mais Max More est plus intéressé par les possibilités infinies qu’offrirait un usage avisé de son ADN. Il évoque aussi la qualité des prothèses et les corps bioniques. A ses yeux, une fois ou l’autre, tout sera possible.

Si ce natif d’Angleterre s’est un jour engagé dans un combat contre la mort, c’est simplement par conviction. «Cela me semblait logique», explique-t-il. Depuis tout petit, il estime que mourir est une vaste blague. Selon lui, si l’humanité l’accepte, c’est parce qu’elle a été formatée depuis des millénaires. Il est devenu membre d’Alcor en 1986 et porte depuis ce bracelet qui indique son numéro de membre, le 67, et les renseignements nécessaires pour activer une prise en charge d’urgence.

Max More est un homme d’une taille colossale. Son corps bodybuildé moulé par un t-shirt noir discrètement troué sur le côté se fraie un passage parmi les outils laissés sur le sol. «Nous sommes en cours de travaux car nous envisageons de doubler la taille de notre espace. Notre fondation compte 1200 membres, il est essentiel de pouvoir les accueillir.» Est-ce le signe d’un succès grandissant? Max More hausse ses larges épaules: «Cette année nous avons accueilli huit patients. La perception de la cryogénie a clairement changé. Aujourd’hui, on la considère comme une option possible.»

Ainsi, depuis les années 90, de plus en plus d’Américains, mais aussi des Russes et des Européens adhèrent à la pensée cryonique. Ce rêve du grand retour trouve sa source dans l’ouvrage de Robert Ettinger La perspective de l’immortalité, publié en 1962. «L’idée est née, il ne reste plus qu’à trouver les techniques nécessaires pour permettre le retour des patients suspendus.»

En janvier 1967, James Bedford est le premier homme cryogénisé aux Etats-Unis. D’abord conservé auprès de ses proches, il est ensuite transféré dans les locaux d’Alcor. «Lors de son transfert, nous avons constaté que son corps n’était pas trop endommagé», précise Max More.

L’idéal est que nos patients soient pris en charge avant les trente-cinq minutes qui suivent la mort, mais leur vitrification est toutefois possible après ce délai

Selon lui, l’élaboration de la technique de vitrification a clairement permis de crédibiliser sa pratique. «Le développement d’assurances vie y a aussi contribué. Chez Alcor, le candidat se doit de remplir six formulaires pour adhérer à la fondation. Nous lui conseillons de mettre notre entité comme propriétaire et bénéficiaire de la police afin que nous soyons avertis si un problème survient et éviter par exemple que l’argent soit dépensé dans le traitement d’une maladie en phase terminale.»

Le directeur se réjouit que les hôpitaux soient de plus en plus nombreux à collaborer avec son Alcor. «Nous pouvons désormais venir prendre en charge les patients dès que leur état de mort clinique est déclaré.» Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’ils se sont établis dans ce quartier de Scottsdale, à deux pas de la piste d’atterrissage réservée aux jets privés. «Nos patients peuvent ainsi venir le plus rapidement possible chez nous. L’idéal est qu’ils soient pris en charge avant les trente-cinq minutes qui suivent la mort, mais leur vitrification est toutefois possible après ce délai», détaille Max More.

Contrairement à l’Oregon, à la Californie et aux Etats de Washington, du Montana et du Vermont, le suicide assisté n’est pas légal en Arizona. Cette étape pourrait pourtant s’avérer essentielle dans la démarche d’un candidat à la cryogénisation. «Evidemment, c’est un obstacle, mais en revanche, en Arizona, la loi interdit de nourrir et d’abreuver quelqu’un de force. J’ai connu un homme souffrant d’un cancer en phase terminale qui a choisi cette option. Figurez-vous que même au seuil de la mort, il n’est décédé qu’après six jours.»

Pour lui, la cryogénie est un moyen de combler le fossé entre la médecine actuelle et celle de demain. L’évolution des pratiques médicales de réanimation en cas d’urgence est à ses yeux le signe d’un changement de paradigme: «Aujourd’hui, nous réanimons des gens que nous croyions morts il y a cinquante ans. La cryogénie va dans le même sens.»

Il est possible d’insérer quatre corps ou 20 têtes par réservoir

Bien sûr, l’homme est enthousiaste, mais il tient à préciser une chose: «Je déteste l’idée d’être cryogénisé. Pour moi, c’est un plan B. L’idéal serait de ne pas mourir. Je ne crois pas en la vie après la mort. Mais malgré les incertitudes inhérentes à cette technique, je préfère l’adopter elle plutôt que de me faire incinérer ou dévorer par des vers.»

Max More met tout en œuvre pour repousser au maximum sa traversée du Styx. «Je fais du sport et je mange sainement. J’ai également séquencé mon ADN afin de prévenir le développement de maladies dégénératives. Je prends aussi des hormones de croissance. Résultat: je constate que je suis le seul à ne pas avoir attrapé froid dans mon entourage. Vous savez, le vieillissement n’est pas une maladie reconnue par l’administration fédérale. C’est un vrai problème.»

Nous n’avons pas bougé de l’espace des cuves. Pendant un instant, nous avions presque oublié la présence des congénères suspendus. D’un vaste geste de la main, Max More plaque ses cheveux en arrière. Il décide de changer de lumières. Les néons blancs s’illuminent, l’espace ressemble désormais à un garage. Il indique brièvement une génératrice disposée à l’arrière-plan et revient devant les cuves où des cercueils métalliques sont exposés. Des têtes de mannequins sont disposées dans certains compartiments. L’homme s’est emparé d’une cuve miniature. Il ouvre son petit couvercle et montre le trou béant de l’objet en plastique. «Il est possible d’insérer quatre corps ou 20 têtes par réservoir. Deux fois par an, les cuves sont rechargées en azote par précaution.»

Pas de fleurs, ni d’hommage, juste du métal et du béton. Seule la photo d’une jeune enfant est scotchée sur la paroi d’un cylindre métallique. La fondation sait-elle quand les patients ont demandé à être réveillés? «Tout dépend des avancées de la science», marmonne le directeur. Quelle est la proportion de corps et de têtes? «Environ 50-50.» Tenez-vous un registre? «Oui, oui.» Avez-vous déjà refusé quelqu’un? «Non, nous respectons les volontés de chacun.» Combien y a-t-il d’employés chez Alcor? «Neuf. Ou dix. Je ne sais pas trop, nous avons un grand réseau.» Quelle est la formation du personnel chargé de la préparation des corps? Il lève les yeux. «Nous avons un chirurgien. Sinon ce sont des bénévoles.»

Il nous invite à le suivre dans une autre salle. Celle où ont lieu les opérations. L’espace est maintenu stérile. Un écran géant occupe le mur principal. Des outils sont rangés dans un établi. D’autres sont disposés sur un champ blanc. Au centre sous un scialytique la table d’opération est couverte d’un film en plastique. A côté, un mannequin a été installé dans une civière. L’être de cire est entouré de glaçons fictifs. A tout instant, une équipe est prête à investir les lieux et de procéder aux gestes destinés à ouvrir les portes de l’immortalité au défunt.

Max More doit nous laisser. Il a des choses à régler. Sa fondation est en procès avec le fils d’un patient, un scientifique californien décédé il y a peu et membre fidèle d’Alcor depuis des années. Alcor est accusée de n’avoir cryogénisé que la tête du patient alors qu’il aurait été convenu que son corps entier soit préservé. «Les problèmes principaux que nous rencontrons sont liés aux familles. Dans certains cas, elles ont du mal à accepter de se faire déshériter», regrette Max More.

Cette fois-ci, il semble plus inquiet. Le plaignant a un bon avocat et la fondation n’a pas ses moyens. La bataille juridique pourrait coûter plusieurs millions à Alcor, ce qui l’obligerait à mettre la clé sous le paillasson. Max More, cette fois, nous regarde dans les yeux. «En fait, c’est assez clair. Ils veulent nous tuer.»

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