Maison Du Monde Bureau Industriel

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Des bulldozers, des grues, des chantiers. Des pancartes, partout, annoncent la construction de nouveaux bureaux, de nouvelles enseignes. Des jeunes boivent des bières en terrasse, des gamins jouent sur des places transformées pour l’été en plages urbaines, un groupe de filles rigolent en buvant des margaritas glacées sur un rolling pub, ces bars mobiles à pédales qui sillonnent les artères principales du centre-ville. Detroit, ville phénix, ainsi que le clame sa devise, semble bel et bien renaître de ses cendres.

Bureau en manguier massif et métal L 7 cm | Male bedroom, Bureaus ...

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Style industriel : réussir son style factory - Marie Claire

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Bureau indus en métal noir L 7 cm | Maisons du Monde | Idées Déco ...

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Bureau Maison Du Monde | Just Come Here Design De Masion

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Bureau en sheesham massif et métal | BUREAU | Pinterest | Bureau en ...

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La ville était devenue, depuis la fin des années 2000, l’illustration des maux de l’Amérique post-industrielle, avec ses usines fermées, ses maisons abandonnées par milliers, ses terrains vagues, son chômage de masse… Detroit, ancienne capitale mondiale de l’automobile, a perdu plus de 60 % de sa population entre les années 50 (1,8 million d’habitants) et aujourd’hui (environ 600 000).

Elle avait déclaré faillite en juillet 2013, la pire de l’histoire pour une ville américaine, avec une dette de 18,5 milliards de dollars. Fini le ramassage d’ordures, fini l’éclairage public dans la moitié des rues de la ville, écoles qui ferment, services publics proches du néant. Mais après trois années de comptes à l’équilibre, Detroit a pu se débarrasser de la tutelle de l’Etat du Michigan au printemps. Et flâner dans Downtown, le centre-ville, donne aujourd’hui à voir une tout autre vitrine.

Le Lonely Planet l’a même consacrée «l’une des villes les plus tendances au monde à visiter en 2018». La «renaissance» de Detroit est désormais l’élément de langage de tous les businessmen et investisseurs du centre-ville. En tête, Dan Gilbert, ce milliardaire fondateur de Quicken Loans, société leader du prêt hypothécaire aux Etats-Unis, qui possède également des équipes de football, de hockey et de basket. En 2010, ce natif de Detroit a fait déménager le siège de l’entreprise au cœur de la ville. Avec 17 000 salariés, c’est aujourd’hui le premier employeur de Detroit. Via sa société de gestion immobilière Bedrock, Dan Gilbert possède près d’une centaine de bâtiments Downtown, ce qui vaut au quartier le surnom de «Gilbertville». Il va débourser encore 2,1 milliards de dollars dans quatre nouveaux projets.

En tout, près de 5,4 milliards de dollars doivent être investis dans le centre-ville de Detroit d’ici à 2020 par une poignée d’investisseurs, pour des projets immobiliers (6 000 nouveaux appartements, 1 200 nouvelles chambres d’hôtel et des milliers de mètres carrés de bureaux). Les géants Google, LinkedIn et Microsoft s’y sont récemment installés.

De nombreuses rénovations sont également en cours pour redonner de l’éclat au fabuleux patrimoine industriel de Detroit, vestige des années fastes de la ville. Dernier exemple en date, le constructeur automobile Ford a racheté en juin le Michigan Central Depot, l’ancienne gare ferroviaire incarnant l’un des symboles de la déliquescence de la ville. Taguée du sol au plafond, elle a servi de décor à de nombreux films catastrophe et était devenue l’un des bâtiments les plus photographiés des amateurs de ruines urbaines. «Peut-être le symbole le plus saisissant du grand retour de Detroit», écrit le Detroit News.

Jimmy, un vieil habitant de l’est de Detroit, le 18 janvier. Photo Alexandre da Veiga

«Les mauvaises réputations ne disparaissent pas facilement, a convenu Dan Gilbert lors d’une grande conférence intitulée, évidemment, “la Renaissance de Detroit”, organisée en mai pour séduire de nouveaux investisseurs. Mais il y a une solution. Voir, toucher, sentir soi-même l’excitation, les opportunités, la croissance et la réalité de Detroit en 2018 vous permettra de croire en une histoire dont des chapitres beaucoup plus agréables sont en train d’être écrits.»

Mais à dix minutes du centre-ville en voiture, il s’agit bien d’une histoire à laquelle il faut croire. Un conte de fées, même, qu’on oublie une fois passés les quartiers de Downtown et Midtown. Detroit montre alors un tout autre visage. Celui, très documenté ces dix dernières années, d’une ville aux allures post-apocalyptiques : quartiers entiers de maisons abandonnées, pelouses devenues friches, arbres qui poussent au milieu du salon, commerces éventrés, incinérés, fermés depuis des lustres, faisans et renards qui se promènent à la nuit tombée. Ce sont également de larges avenues vides, héritages d’une ville dimensionnée pour 2 millions d’habitants motorisés, utopie vrombissante depuis longtemps oubliée. Et des rues désertes et désolées où l’on croise un couple attendant un bus qui semble ne jamais arriver, là un groupe d’amis, bières dans la glacière.

«Downtown ? C’est une bulle», lâche Tyson Gersh sans lever la tête du plant de gombo qu’il est en train de récolter, ni de son sécateur qui taille à tout va. Le jeune cofondateur de la Michigan Urban Farming Initiative, une ferme urbaine de 1,5 hectare dans le quartier de North End créée il y a sept ans, s’agace du «storytelling des politiques et des investisseurs du centre-ville, qui vivent dans une fiction. Car dès qu’on sort de Downtown, il ne reste que du drame. Le “boom” de Detroit est en grande partie artificiel». Il concède néanmoins qu’«aujourd’hui, le ramassage des ordures est fiable. C’est déjà ça».

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Le scepticisme de Tyson semble de mise chez les habitants de Detroit, qui en ont vu d’autres. «La destinée de cette ville, ça a toujours été les montagnes russes, résume Joel Stone, conservateur à la Detroit Historical Society. On sait qu’après une crise, on peut se relever, mais que derrière, tout peut s’effondrer. Et ainsi de suite.» L’historien, assis au sous-sol du musée, une reconstitution de Detroit au XIXe siècle – apothicaires, calèches, pavés – raconte la succession d’âges d’or et d’infortunes de la ville depuis sa fondation par les Français en 1701. «Si je compare avec le Detroit de mon enfance, celui des années 60, je dirais que les écoles et les transports en commun sont dans un bien pire état aujourd’hui, regrette-t-il. Qu’il est bien plus difficile, dans de nombreux quartiers, de s’approvisionner en nourriture. A part saluer le fait que la police et les autorités municipales sont plus diversifiées, on n’a pas vraiment avancé sur la question raciale.»

A partir de la fin des années 60, et notamment après les émeutes de 1967, les Blancs sont massivement partis s’installer en banlieue, au nord de la fameuse route 8-Mile à laquelle le rappeur Eminem a souvent fait référence, véritable ligne de démarcation raciale et sociale. La ville est aujourd’hui à plus de 80 % afro-américaine. «J’espère qu’on assiste à la première étape de quelque chose de pérenne, qui va vraiment permettre à l’ensemble des quartiers de Detroit de prospérer, et que ce n’est pas qu’un épiphénomène, veut croire Joel Stone. Avec la crise terrible de l’éducation publique que connaît le district, il est difficile de stabiliser les nouveaux arrivants en ville. Que se passe-t-il quand ils ont des enfants ? Ils déménagent en banlieue.»

A part 130 millions de dollars promis cette année pour d’autres quartiers, la quasi-totalité des investissements se concentre dans une zone de 18 kilomètres carrés, entre Downtown et Midtown, pour une ville qui s’étend sur 370 km²… «C’est un îlot de prospérité au milieu d’un océan de misère», lance Matthew Naimi, le directeur de Recycle Here, un programme de recyclage des déchets créé il y a treize ans. Aujourd’hui financé par la ville mais toujours géré par les habitants, c’est devenu un point de rencontre communautaire, artistique et festif, recouvert de fresques murales des street-artists de la ville. «En dehors du centre, c’est le no man’s land, reprend Naimi. Je dis toujours que le futur va ressembler à Detroit : c’est ça, le revers du capitalisme américain. Des autoroutes vides, des usines vides, des maisons vides, des fermes urbaines et un certain esprit de résilience.»

La ville a pourtant un bilan à faire valoir. Le nombre de maisons abandonnées a été divisé par deux, de 40 000 à 20 000, au cours du premier mandat du maire actuel, le démocrate Mike Duggan, premier édile blanc depuis 1974, réélu l’an dernier dans un fauteuil. La population de sans-abri baisse depuis trois ans. L’éclairage public a été réparé à coup d’investissements massifs et la criminalité est en baisse, avec un nombre d’homicides au plus bas depuis le début des années 60. Et après avoir atteint 28 % en 2009, le taux de chômage est aujourd’hui en dessous de 8 %. «Un changement de paradigme est en cours, a affirmé le maire dans une récente interview. Mais on part de tellement loin, qu’on a encore un long chemin devant nous.»

Le démographe Kurt Metzger, fondateur du bureau d’analyse Data Driven Detroit et aujourd’hui maire de Pleasant Ridge, dans la banlieue de Detroit, se souvient très bien d’une époque pas si lointaine où il pouvait «marcher dans la rue en plein centre-ville les yeux fermés, sans craindre de se faire renverser par une voiture». «Bien sûr que sur plusieurs aspects, Detroit aujourd’hui et il y a dix ans, c’est le jour et la nuit : les rénovations sont visibles, il y a plus d’emplois, il y a de la vie, concède-t-il. Bien sûr, il fallait commencer quelque part, et le cœur de la ville paraît logique. Mais les développements en cours ne profitent pas aux autres quartiers. Quand je les traverse en voiture, je me demande toujours : “Mais quand est-ce qu’ils vont arriver jusqu’à ces gens ?” Il n’y aura jamais assez d’argent, jamais assez de temps.»

Le démographe rappelle que le taux de pauvreté de Detroit est toujours l’un des plus élevés des Etats-Unis, à 36 %. Près d’un adulte sur deux est analphabète. Si le taux de chômage a beaucoup baissé, le taux de participation au marché du travail y reste le plus faible du pays, à 53,4 %. Et si les milliards investis ont permis de créer des emplois, 70 % des personnes qui travaillent à Detroit vivent en dehors de la ville. «Les restaurants du centre-ville qui proposent des dîners à 100 dollars n’ont clairement pas été conçus pour les habitants de Detroit, déplore Kurt Metzger. Une grande partie de la population ne peut pas profiter de cette croissance économique, calibrée pour des jeunes diplômés venus d’ailleurs.» Quant à la criminalité, la ville est toujours dans le peloton de tête, si l’on prend le taux d’homicides (40 meurtres pour 100 000 habitants à Detroit, devant Chicago). «Les problèmes économiques et sociaux de Detroit sont si profonds… soupire Metzger. Mais une chose est sûre : il est beaucoup plus facile de construire des immeubles que de tenter d’apporter des solutions à tout ça.»

Photos Alexandre da Veiga pour Libération

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